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Collection du Seigneur des Anneaux

Sainte-Ursanne, la périlleuse...

Je fis donc faire demi-tour à mon coursier à la recherche d'un gué pour franchir les eaux furieuses du Doubs, toujours sur le point de déborder, pour trouver une entrée plus sure dans la cité. De mémoire d'homme, jamais le niveau de la rivière, maintenant presque transformée en fleuve ne l'avait autant menacée.

Mais Sainte-Ursanne était bien défendue.

Alors que je me rejouissais déjà à la vue des arches d'un pont donnant directement sur la porte "Est", je fus confronté à un être sorti tout droit de l'imaginaire d'un terrible magicien à la barbe blanche et noire, comme l'atteste les images que je trouvais bien plus tard dans les archives du cloître de la ville.

      

 

Un monstrueux gardien, d'un âge que je croyais totalement révolu, surgit des eaux troubles et glacées. Il me fermait toute possibilité d'entrer. Son corps se lovait autour des piliers du pont. Sa longue queue cinglait l'air tel un maître lacérant la chair de ses esclaves avec son fouet. A moins de livrer un combat épique à l'issue plus qu'incertaine, mes chances d'atteindre rapidement la porte voutée de la cité étaient inexistantes.

        


Je renonçais, désireux de conserver mes forces et persuadé que d'autres pièges m'attendaient en les murs de la vieille ville. Ne trouvant pas d'autre ouverture digne de ce nom, je revins sur mes pas et pris la décision de pénétrer le lieu par la première porte qui se présenta à moi.


Immédiatement, je sus que j'entrais dans un univers mystérieux et fantasque. Les maisons ressemblaient à des personnages cristallisés dans la pierre.

 

Presque désertes, les rues semblaient figées dans une léthargie maléfique. Quelques êtres humains erraient sans buts dans les ruelles, dont certaines semblaient mener nulle part ou vous ramenaient sans cesse vers la tour de l'horloge par laquelle j'étais arrivé.

     

 

Certains vous amenaient, après quelques marches rendues glissantes par l'humidité ambiante, à vous perdre dans des bois dont je ne désirais pas connaître les habitants...

 

Tout était fait pour vous perdre ou vous faire ressortir sans que vous ayez pu réaliser votre quête. Parfois de terribles témoins de combats épiques qui avaient du secouer les murs de ces vénérables habitations étaient visibles. Des restes d'armures, ayant certainement appartenus à d'énormes Orcs ou Gobellins, semblaient vouloir vous tomber dessus.

De puissants pouvoirs étaient indéniablement à l'oeuvre. De ci, de là, de monstrueuses plantes commençaient à envahir les habitations. Il était facilement perceptible que dans peu de temps tout serait envahit et que la ville devrait être abandonnée.

  


Je cachais au mieux mon fier destrier dans l'espoir qu'il passe inapperçu aux yeux des forces de l'ombre qui devaient, le ressentant au plus profond de moi, avoir pris le contrôle de Sainte-Ursanne. 


Si je voulais atteindre mon but et rencontrer le puissant mage des images, le dompteur des couleurs, celui qui savait nous faire découvrir et rêver à des mondes fantastiques, maître Howe, je devrais me montrer habile, rapide et déterminé. Sinon ma quête serait vaine...


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